La chambre photographique a pour caractéristique d'imposer une certaine posture face au sujet. Exigeante, elle oblige un temps pour sa mise en place, la composition de l'image, sa révélation (si l'on fait le choix du film négatif). 

Tout ce processus, lent et réfléchi, vient s'opposer à la fugacité des images publicitaires sous lesquelles nous cédons.

Le choix de ce dispositif réside toujours dans ce temps de latence. Comme une résistance à un déferlement frénétique.

Le panneau lumineux est là, flanqué dans son environnement urbain, familier. Il attend.

Dans cet étirement du temps, l'effacement de l'image opère jusqu'à sa complète disparition.

La lumière n'est plus furieuse. Silencieuse, elle éblouit.

Un temps proposé pour s'apaiser, observer, résister.

Lea Eouzan-Pieri

 

Les photogragraphies sont parues dans la revue Fora ! n°7/5, 2011